Evaluation du potentiel Bois Energie

Depuis 1994, l’ADEME a développé un programme de soutien à l’utilisation du bois énergie, notamment dans le secteur collectif et tertiaire : le plan bois énergie et développement local. 11 régions y ont participé, permettant ainsi la mise en service de 190 chaufferies pour un montant total de près de 400 millions de francs. Dès 1999, la relance de maîtrise de l’énergie a permis de négocier un nouveau programme plus ambitieux pour la période 2000-2006. Il concerne désormais l’ensemble des régions françaises et bénéficie des Contrats de plan Etat-Régions ainsi que le soutien de multiples partenaires.

En 2003, ce sont ainsi plus de 1,3 million de tonnes équivalent pétrole de bois (tep) qui sont consommées dans le secteur industriel (essentiellement des entreprises du bois utilisant des connexes et sous-produits des industries du bois). Dans le secteur collectif/tertiaire et les réseaux de chaleur au bois, près de 150.000 tep sont consommées chaque année grâce à un parc de 1000 chaufferies. L’accroissement actuel du parc de chaufferies dans le secteur collectif et des puissances installées atteint plus de 20 % par an soit plus de 200 nouvelles chaufferies urbaines financées, en partie, par l’ADEME en 2003.

Devant cette évolution croissante, il s’avère nécessaire d’évaluer les ressources disponibles et mobilisables afin d’organiser, avec la plus grande efficacité, l’approvisionnement des chaufferies bois.

À la demande de l’ADEME, le présent outil vise donc à diffuser les résultats d’une étude nationale sur l’évaluation du potentiel de plaquettes forestières, combustible obtenu à la fois en complémentarité des usages actuels des bois commerciaux, des bois non- commerciaux et des bois issus d’opérations d’amélioration sylvicoles.

Il donne suite et concrétise un premier travail méthodologique et de concertations régionales de professionnels mené par SOLAGRO en partenariat avec l’ADEME, l’IFN et l’entreprise RBM.

La structure de la base de données de l’outil offre la possibilité de ventiler les résultats sur différents critères physiques, géographiques et économiques (sous certaines hypothèses de logique et logistiques de mobilisation).

Les résultats présentés et les requêtes complémentaires engendrées par l’utilisateur peuvent ainsi être exploités par les acteurs du bois énergie au sens large pour la définition de politiques publiques à court/moyen terme et par les opérateurs forestiers pour identifier en première approche les gisements d’approvisionnement des projets de chaufferie bois au niveau minimum du département et maximum national. Les résultats ici produits ne se substituent pas à des études de disponibilité locales plus précises.

Le programme bois énergie 2000/2006, soutenu par l’ADEME, vise à augmenter de 3 millions de m3 par an la mobilisation de bois énergie, notamment en utilisant la plaquette forestière issue des rémanents. Il s’avère ainsi nécessaire de connaître les impacts des prélèvements des rémanents afin d’en réaliser une gestion raisonnée. C’est pourquoi l’ADEME, a réalisé en 2003 une étude bibliographique sur le sujet. Travail piloté par l’AFOCEL, en partenariat avec l’INRA, l’IDF, l’UCFF et Forestarn, les premiers résultats mettent en lumière les points suivants :

  1. l’intensification des récoltes de rémanents forestiers entraîne un appauvrissement des sols en calcium, phosphore et azote, pouvant conduire à une baisse de la fertilité et une acidification des sols (perte d’ions Mg2+, K+ et Ca2+). Les rémanents servent par ailleurs d’isolant thermique régulant le microclimat au niveau du sol. Une collecte intensive de rémanents induit une suppression de la matière organique en surface, préjudiciable pour la flore, la croissance et la production du peuplement forestier, le développement des jeunes plants et la survie de certains groupes d’animaux (araignées, larves de diptères). De plus, les rémanents jouent un rôle de tapis protecteur qui limite le tassement des sols lors des phases de récolte du bois forestier ;
  2. cela étant, les études réalisées sur l’impact de la récolte de rémanents forestiers mettent davantage l’accent sur les effets négatifs du prélèvement que sur les effets positifs. Or, nettoyer le sol et prélever les rémanents permet de limiter les départs de feux en forêt, facilite les travaux de reboisement et évite les travaux d’andainage.

Par rapport aux anciennes pratiques sylvicoles (pâturage en forêt, récolte de la litière…), l’homme n’a jamais laissé autant de biomasse au sol.

Pour pallier à ces impacts négatifs, certains pays, comme la Suède, ont mis en place une réglementation destinée à mieux gérer la récolte de rémanents forestiers. L’analyse de leur expérience montre également que le transfert des minéraux vers le sol est fortement augmenté lorsque les rémanents sont collectés après une période de séchage sur place. Enfin, les professionnels ont recours à la fertilisation artificielle (engrais ou cendres des chaudières) pour maintenir l’équilibre minéral des sols, nécessaire à la survie des écosystèmes forestiers.

Il est donc important de travailler sur ce sujet, dans le cadre d’une gestion durable de la ressource forestière. L’ADEME éditera ainsi, en 2005, un document sur la gestion raisonnée des rémanents. Ce guide de bonnes pratiques, permettra aux acteurs de la filière bois énergie forêt, d’être orientés dans leurs choix et pratiques de collecte des rémanents forestiers.

v1.0b3 Cette application a été développée par l’IFN et les données sont issues d’un traitement de ses inventaires.
Les scénarios technico-économiques ont été élaborés par Solagro.